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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 15:39

 


L'extase

L-extase.jpgL'extaseL'extase, comme la jouissance, suggère un L'extaseau-delà du plaisir, avec pour autant c e p aradoxe de la nécessité à nommer un état où, si la notion de plaisir semble faire référence, ledit plaisir peut en être totalement absent. Ainsi, l'angoisse ou la douleur peuvent être cultivées pour atteindre à une jouissance qui se passe très bien du plaisir, l'absence de ce dernier en étant même parfois la condition. Quant à l'extase, selon nos dictionnaires et dans l'échelle des plaisirs, elle se situerait un cran au dessus de la jouissance ; ainsi, Larousse nous précise qu'il s'agirait d'un « état de jouissance extrême ». Mais la différence est ailleurs, que l'on trouvera dans l'étymologie latine du mot. Je précise latine, car, selon les sources, le terme prendrait son origine du coté grec, ekstasis, qui signifie transport, auquel cas l'extase nous transporterait un peu plus loin que la jouissance qui, me semblait-il jusqu'alors, nous emmenait déjà assez loin, voire jusqu'au septième ciel. Partant, l'extase nous en proposerait un huitième, et peut-être plus... Disons, alors, que ce plus de l'extase se trouverait dans la dimension transcendante sous-tendue dans les racines latines du mot, ex : en dehors, et stas : se tenir, c'est à dire être en dehors de soi, ce que le Robert formule ainsi : « Etat dans lequel une personne se trouve comme transportée hors de soi et du monde sensible ». Notons au passage que, « hors du monde sensible », le plaisir tel que nous l'entendons habituellement, dans un monde sensible justement, soit à reconsidérer. Par ailleurs, se pose la question d'un plaisir, d'une jouissance, hors de soi.


Pour Janet, qui étudia l'extase mystique sous l'angle pragmatique de la pathologie (De l'angoisse à l'extase – 1926), l'extase est assimilée à la béatitude du pauvre d'esprit, « Qu'on leur parle, qu'on les touche, qu'ils soient même exposés à la pluie, au froid ou à la chaleur, ils ne bougent pas et sourient toujours ». Cela étant, l'écrivain humaniste Romain Roland, que l'on pourra difficilement taxer d'idiot (prix Nobel en 1915), forgera à l'intention de Freud, avec qui il correspondra plus de dix ans, la notion extatique de « sentiment océanique », inspiré en ça par la mystique indienne. Ledit sentiment correspondrait à un état où l'un se fond dans le tout, telle la vague dans l'océan. Là encore, qu'il s'agisse de plaisir ou de toute autre sensation, celle-ci ne peut que disparaître, sauf à considérer l'univers dans lequel se fond le sujet comme étant en soi le monde sensible. Nous rejoindrions là la conception spinoziste de Dieu en tant que Substance, partout et en toute chose. Toutefois, il est possible d'opposer à cela que le monde dans lequel je me fonds n'est que ce que je peux en imaginer au travers des représentations que je m'en fais, selon ma perception donc, singulière. Autrement dit, mon univers n'est pas l'univers, il est un, et non pas tout, contrairement à telle ou telle vague se fondant toujours dans le même océan, le tout. C'est comme le bouddhiste en quête de nirvana, dont l'ambition est de rejoindre à l'abolition de l'ego et du désir, ce qui demeure donc encore et toujours du désir. Du coup, il semblerait logique que la recherche du nirvana dût commencer par le fait d'y renoncer. Pareillement, le plaisir extatique ne peut se concevoir que si la Substance, l'Océan, l'Univers dans lequel se dilue notre désir, ne nous délivre alors le plaisir qu'il contient, universel, celui d'un océan gentil, ce qui me semble assez discutable.


Pourtant, force nous sera de reconnaître que ceux faisant cette expérience de l'extase, qu'il s'agisse des malades décrits par Janet, ou de n'importe quels mystiques plus ou moins religieux, ceux-ci semblent parler d'expériences similaires, du moins dans une communauté donnée, ce qui prêcherait pour une fusion dans une « substance » semblable pour tous, une sorte de grand Tout. Mais rien n'empêche de penser que les chemins de l'extase en question soient tracés par les dogmes communs, chacun s'en référant aux mêmes textes, aux mêmes préceptes indiquant tant la route, que la forme de l'objectif à atteindre, bref, de l'extase prémâchée dans le symbolique, sortes de méthodes pour s'absoudre quelque temps de ce moi trop envahissant qui fait barrage au réel, l'expérience de la psychose en somme, une bonne grosse défonce naturelle, ou presque, du moins sans l'aide de substances psychotropes, bio. Car si la notion d'extase s'origine dans le mysticisme religieux, son acception concerne aussi, outre la sexualité, le domaine des « paradis artificiels ».


Peut-on alors comparer l'extase mystique à celle générée par la prise de substances réputées extatiques, comme le LSD, ou l'extase des chamanes et autres gourous s'envoyant en l'air à l'aide de plantes ingérables sous formes naturelles ou préparées ? Ou bien encore par le biais d'ambiances crées à cette fin et susceptibles de nous faire entrer en transe, comme lors de ces fêtes rituelles où on se laisse envahir par des rythmes martelés emplissant l'espace et dans lequel on peut alors fusionner, sorte d'océan sonore où l'on plonge jusqu'à s'y dissoudre, ultime régression avant la mort. A nouveau, dans ce genre d'expériences, la notion de plaisir ne semble pas primordiale, sinon peut-être dans l'après-coup, au retour, dans la sensation de s'être défait de son moi, d'avoir éprouvé le réel de l'océan, indicible, infini, comme le fœtus qui n'est pas « un », mais « tout ». On retrouve ici le questionnement de Freud sur la pulsion de mort, avec pour conséquence un moi n'ayant pour objectif que de se défaire de lui-même, jusqu'à retourner d'où il vient, l'inorganique : poussière j'étais, tranquille, poussière je désire retourner. Freud se demandera d'ailleurs si le but ultime de la vie ne serait pas la mort. Mais peut-être, au contraire, est-il possible d'envisager que cette volonté d'extase soit l'expression même de la pulsion de vie, où le moi se défaisant de lui-même, l'être se délestant du sujet, ne serait plus soumis au désir de l'Autre, pris dans l'illusion de son autonomie.


De suivre cette dernière hypothèse, de l'extase en tant qu'émanation la plus archaïque de la pulsion de vie, tel le nourrisson fusionnant dans l'océan maternel, il me semble possible d'envisager que l'extase soit le moyen de s'épargner notre quête visant au cœur du désir, à savoir le réel en nous, l'objet a, le désir de l'Autre (voir notre avant dernier thème, « le désir », Lien). Le moi (dont le surmoi) pouvant se définir comme l'interface entre le réel en nous et le réel à l'extérieur, dont le produit est notre réalité, à distinguer du réel donc, nous comprendrons que pour rejoindre au dit réel il nous faille nous séparer de notre moi, c'est à dire supprimer l'interface entre le dedans et le dehors, ce qui est le propre de l'extase. Du coup, nous ne serions plus soumis au désir de l'Autre, nous serions nous-même le désir de l'Autre, nous serions Substance, Dieu. Evidement, vu qu'à la descente nous sommes rattrapés par le symbolique, le langage, et que celui-ci nous invite à plus de modestie, c'est à dire à nous soumettre à l'ordre établi, le mystique devra se contenter du sentiment d'avoir croisé le divin. Quant au mécréant, il ne lui restera plus qu'à faire entrer son sentiment de toute-puissance dans du symbolique à sa mesure, ou d'y retourner. Si donc je range ces expériences du coté de la pulsion de vie, malgré les effets parfois destructeurs de ce genre de voyage, c'est de considérer le moi en extase comme entièrement soumis à nos désirs les plus archaïques, sans lesquels la vie ne serait pas possible. Par ailleurs, la pulsion se distinguant de l'expression d'un simple besoin organique en y associant un besoin d'essence psychique que l'on nomme alors désir, sachant que ce dernier est le fruit du désir de l'Autre, nous pourrions ainsi expliquer le semblable des extases au sein d'un même groupe d'appartenance sociale, ici les adeptes de religions monothéistes, là polythéistes, ou encore animistes, et bien sur les adeptes de pratiques païennes ritualisées, comme par exemple les « raves » (fêtes techno). Ajoutons à cela une petite mention pour les amoureux dont l'idéal se trouve dans la fusion des corps et des esprits, là où la jouissance devient extase.


Aux Etats-Unis, une nouvelle branche des neurosciences, la « neurothéologie » (c'est pas une blague), se proposant de traquer Dieu dans le cerveau, nous éclaire dans la compréhension des états extatiques. Des chercheurs ont observé ce qui se passe dans le cerveau de personnes réputées comme sachant atteindre à l'extase mystique, moines bouddhistes, sœurs franciscaines, etc., pour y découvrir les flux et reflux du fameux sentiment océanique. Cela étant, si l'on comprend désormais la mécanique de ces marées qui submergent nos âmes avides d'extase, il nous faudra encore attendre pour savoir si c'est Dieu, ou l'évolution, qui a placé nos âmes à la bonne hauteur afin de les rendre submersibles. En gros, il s'agit de provoquer une déconnexion neuronale dans la zone cérébrale chargée de traiter les informations relatives à notre position dans l'espace et le temps (lobe pariétal supérieur). Pour ce faire, nos « neurothéologiens » ont identifiés deux méthodes, l'une dite positive, où l'on concentre toute son attention sur un objet réel ou imaginaire investi affectivement, lors de la prière par exemple, et l'autre voix, dite négative, où l'on doit se défaire de toute pensée, faire le vide, comme dans certains exercices de méditation. S'ensuit alors la fameuse déconnexion, le flash, où le sujet perdant ses repères spatio-temporels, celui-ci abolit du même coup la frontière entre l'intérieur et l'extérieur, la vague se fond dans l'océan, c'est l'extase !


La religion présentant de nombreux avantages, fort pouvoir antidépresseur, évitement des questions existentielles anxiogènes (où l'on dira que Dieu l'a voulu ainsi), cohésion du groupe, sans parler de l'opportunité pour l'adulte de s'offrir une petite régression du coté de l'enfance, lorsque encore fragile il s'en remet à la loi du père (L'avenir d'une illusion, Freud), certains chercheurs en sont venu à penser que la base organique de notre capacité d'extase soit le produit de l'évolution, nous sélectionnant ainsi un outil de lutte contre l'angoisse. On pourrait ajouter, l'humain s'étant vu privé du réel en accédant à la conscience, que l'extase nous offrit l'illusion d'un retour au paradis perdu (le réel), quitte à se délester quelque temps de son moi enveloppe afin d'être en toutes choses, du moins celles en lesquelles on croit, là où d'apparence rien ne manque. Notons que les extases non mystiques produisent les mêmes effets pour les mêmes causes, sauf à détruire le sujet, dans le cas des drogues notamment, mais que chez l'amoureux, le moins que l'on puisse dire est que l'extase renforce la cohésion du couple, jusqu'à se passer du groupe pour se contenter de l'élu. Nous comprendrons par conséquent l'intérêt de désigner un élu qui soit le même pour tous, cela pour conserver les ouailles dans un troupeau qui ne soit pas trop difficile à « guider ».


Reste la question de la transcendance, lorsqu'en retour d'extase on conserve le sentiment d'une vérité qui nous fut révélée du dehors. Déjà, nous voyons que ladite vérité a une forme bien singulière selon les croyances ou les espoirs véhiculés par le groupe d'appartenance. Autrement dit, la vérité en question relève de schémas préétablis que le sujet a intégré et fait sien, donc nullement délivrée par l'extérieur puisque chacun fusionne dans un pseudo réel dicté par ses espoirs. D'ailleurs, des universitaires de Chicago ont constaté, chez des croyants interrogés sur leurs convictions, qu'il s'agisse de libéraux ou de conservateurs, que ceux-ci étaient intimement persuadés de se ranger aux cotés de l'idéologie divine, Dieu étant par exemple ici pour l'avortement, et là contre. En somme, chacun son dieu, ce qui relativise tout de même pas mal la portée universelle du personnage et des extases y étant associées. Forts de ces résultats, nos chercheurs se sont penchés sur l'activité cérébrale de ces personnes lorsqu'elles parlent de Dieu. Ils ont ainsi constaté que s'activaient les zones de la pensée auto-référentielle, celles là mêmes qui s'allument lorsqu'on parle de soi ou que l'on développe une pensée fortement chargée d'affect, et qui s'éteignent lorsqu'on parle des autres. Ainsi, pour le croyant, parler de Dieu revient à parler de soi. D'un autre coté, si Dieu est partout et en toute chose, ce n'est pas étonnant. Mais peut-être pourrions-nous aussi envisager que l'extase soit ce moment privilégié où l'ego se fait pour ainsi dire matière. Autrement-dit, pris d'extase, non seulement nous ne nous séparerions pas de notre moi, mais celui-ci emplirait totalement l'être, nous ne serions plus soumis à la réalité, nous serions La réalité, le moi s'emparant de la pulsion pour la faire entrer dans son idéal voisinant alors la démesure. Nous serions là bien loin de toute transcendance, et quant même assez proche du délire.


Pour finir sur une petite note sympathique, je m'interroge quant à l'idéal de l'analyste selon Lacan, du moins au regard du sentiment océanique cher à Romain Roland :  « Si on forme des analystes, c’est pour qu’il y ait des sujets tels que chez eux le moi soit absent ». Certes, pour Lacan la chose reste virtuelle, mais l'on peut tout de même être saisi par ce qui ressemble à une certaine volonté d'extase afin d'intégrer le réel de l'analysant. Bien entendu, il s'agit de ma part d'une boutade, et loin de moi l'idée que le désir de l'analyste soit de s'envoyer en l'air sur le dos du client. Néanmoins, peut-être est-il possible de voir là l'association que des esprits chagrins et mal informés font entre la psychanalyse et la religion, allant même jusqu'à parler de chapelle... du pur n'importe quoi en somme, comme si certains analystes s'en remettaient au dogme pour accéder à leur délire... impensable !

 

 

GG

 

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myosotis 20/10/2011 15:49




Bonjour ,


Au sujet des mystiques , il semble logique  que les études soient faites sur de véritables représentants
reconnus  , sinon n'importe quel illuminé de n'importe quelle secte peut se déclarer mystique et  l'étude de ses "extases" n'aura  pas  valeur probante .


Que les extases provoquent des modifications au niveau du cerveau , est naturel et ne prouve rien .


Le délire qu'on ressent sous LSD n'a pas grand chose à voir avec les extases décrites par les grands mystiques , pour
avoir  pris du   LSD et autres drogues dans ma jeunesse et en avoir étudié tous les effets (mon 1ier mari pharmacien -pas le pn- était spécialiste et passionné des drogues et les
étudiaient  sur lui , datura et psylocibe compris ) , il ne s'agit pas d'un ravissement mais d'un état modifié de conscience .Il ne 'agit pas non plus d'une jouissance de tout le corps ,
telle que décrite par St Thérèse , mais c'est un dérèglement  cérébral et qui peut virer  au malaise  , et cela  n'existe pas chez les mystiques  , pour qui la jouissance
n'entrave en rien la santé et l'équilibre psychique , contrairement aux drogues.Il n'y a donc pas de comparaison possible entre le trip hallucinatoire (mais sans doute plaisant  quelque
temps )  d'un drogué ,  et l'extase mystique ou amoureuse : ce n'est pas du même ordre , on ne peut parler de jouissance ni de plénitude pour les drogues .Les drogues anesthésient 
et modifient l'état de conscience , ce n'est pas une sensation  de plaisir corporel au contraire de l'extase  dont l'effet peut durer sur plusieurs jours voir des semaines : sentiment
de bien-être et plénitude  , apaisement sur le long terme ce qui n'est pas le cas pour les drogues.



 


 La purification de l'âme telle que prônée dans les textes religieux  n'est  pas un lavage de cerveau
si vous lisez bien , mais tout le contraire :le but est de rendre   libre en traquant les émotions négatives qui perturbent le psychisme comme l'envie , la colère , la jalousie , la
haine ... toutes émotions qui empoisonnent l'esprit , le conditionne , l'empêche d'être  serein .Les émotions doivent être comprises et dépassées (il ne s'agit pas de les rejeter )  de
façon à ne plus  empoisonner l'âme et cela s'apparente à  une purification .Le travail spirituel consiste  donc  (dans les 3 monothéisme plus l'hindouisme  et donc
bouddhisme ) à une purification  des émotions négatives afin qu'elles n'entravent  plus le psychisme .Les régimes totalitaires dont vous parlez font tout le contraire :endormir les
consciences en laissant les gens englués  dans leurs émotions pour mieux les contrôler .Ce n'est pas un hasard si  l'idéologie  marxiste  est anti -religion.



 


Vous avez une curieuse vision de l'extase qui s'apparente pour vous à  une régression  alors que les
témoignages et études montrent plutôt qu'on l'obtient dans le cadre de la relation génitale adulte , l'adulte mature  étant capable ou pas d'acceder au stade génital .F Dolto notamment (mais
aussi d'autres psychanalystes ) ont écrit sur les différents types de jouissance et montré la capacité à  l'extase s'acquiert avec l'expérience et par la relation  d'amour à l'autre
d'un autre sexe :la prise de conscience de la différence des sexes étant la condition sine quanone .C'est donc bien la maturité qui mène à l'extase et le fait d'être capable de
relation avec l'autre .


La personne humaine  est   un être de désir et de plaisir et les religieux ne sont pas plus naïfs  que les autres :ils recherchent aussi le bonheur et la jouissance , qu'ils
obtiennent (parfois)  par la purification de l'âme qui équivaut à un super état de conscience ( l'esprit n'est plus voilé  mais conscient  ) dans  la relation à l'
Autre .
Il convient de ne pas confondre les textes religieux fondateurs  et ceux qui les interprètent souvent mal (
certain chefs religieux de tout bord ) et ainsi mettre dans le même panier textes religieux , religion et religieux , ce qui est   une erreur.


 


cordialement


M.



myosotis 16/10/2011 16:34



  Bonjour ,


Les mieux placés pour parler d’extase mystiques sont  encore des mystiques reconnus comme   St Thérèse d’Avila  et son acolyte St Jean de la Croix qui ont  écrit en
détail  sur l’extase  et  comment atteindre  la jouissance suprême.  Tous les autres qui se disent mystiques ne sont que de pâles figures surtout à l’heure actuelle :il
n’y a plus de grands mystiques  reconnus  , c’est dire qu’il y a de quoi relativiser l’étude ce  qu’ils ressentent .



Ils décrivent   l’extase comme  un état intérieur mais surtout  une sensation physique de ravissement qui emporte le corps et le cœur tout entier :il y a de quoi être jaloux !
Surtout que ce petite prodige peut s’effectuer seul , sans témoin ,  alors comment y arriver d’après-eux ?

Ce sont des étapes de l’âme , il y a un travail spirituel à effectuer de purification pour aboutir au final ,  à l’union avec Dieu :  plaisir suprême .


Ils ressentent Dieu comme une énergie d’amour enveloppante , Dieu c’est en fait l’Autre et c’est la sensation de ne faire qu’Un avec cet Autre qui provoque l’extase .Cet autre n’est pas une vue
de l’esprit , une illusion , une construction intellectuelle mais une présence réelle pour eux Et tous les mystiques reconnus  de différentes religion, comme Rabia ou Hallaj en islam
décrivent la même chose :cet Autre qu'ils apellent Dieu et qui est une énergie d'amour .



L’autre prend possession de leur  corps , il le possède tout entier :c’est en fait une union d’amour , ca ne vous rappelle rien ? l’homme et la femme qui s’unissent dans le mariage corps et
âmes  et se possèdent totalement l’un l’autre pour aboutir à l’extase .
Quand on lit les grands mystiques et docteur de l’Eglise comme St Augustin ou St Thomas d’Aquin , on comprend que le mariage  entre un homme et une femme , préfigure le mariage divin entre
Dieu et  l’homme .Et qu'un  des aspect du mariage  (et peut-être le but ) qu'il soit avec un autre  humain ou cet autre  divin est l'extase .De quoi se réconciler avec
les religions .


cordialement


myosotis



Café-psy 19/10/2011 02:20



 


Bonjour Myosotis


Vous dites :


Myosotis : il n’y a plus de grands mystiques reconnus, c’est dire qu’il y a de quoi relativiser l’étude ce qu’ils ressentent .


GG : La reconnaissance des mystiques, ou de tout autre courant de pensée et de croyance, dépend des valeurs prônées par le corps social. Or, les principales
valeurs véhiculées par notre air du temps sont le produit du discours capitaliste, c'est à dire le profit à court terme et le consumérisme, le tout enrobé dans une ambiance sécuritaire et un
discours scientiste (qui s'apparente aussi à une sorte de croyance). Cela ne veux pas dire que les mystiques aient disparus, loin s'en faut, offrant une forme de résistance à l'inhumanité dudit
discours capitaliste (sans modèle identificatoires). Quant à la pertinence des études, j'aurais comme une tendance à la pressentir plus fiable que la parole de qui a rencontré Dieu dans quelque
merveilleux voyage intérieur. Si vous souhaitez en savoir un peu plus : www.philophil.com/philosophie/croyance/cerveau-et-croyance.htm .


M : Ils décrivent l’extase comme un état intérieur mais surtout une sensation physique de ravissement qui emporte le corps et le cœur tout entier :
il y a de quoi être jaloux !


G : Oui, c'est bien ça, une « défonce » en somme, un peu comme de prendre du LSD dans une église. Mais de là à être jaloux...


M : Ce sont des étapes de l’âme, il y a un travail spirituel à effectuer de purification pour aboutir au final, à l’union avec Dieu : plaisir suprême
.


G : Comme vous y allez ! car purifier l'âme cela veut dire la laver de toutes les impuretés étrangères au dogme, autrement dit un lavage de cerveau.
D'autre part, le spirituel c'est l'esprit, donc un travail spirituel signifie un travail de l'esprit, ce qui me semble incompatible avec quelconque idée de purification qui sous-tend alors celle
d'éradication. N'oublions pas que purifier les esprits fut le rêve de tous les régimes totalitaires. Souvent les idéologies étroites, fascisantes, reprennent à leur compte le vocabulaire de leur
opposant ; ainsi la religion s'est-elle emparée des notions de spiritualité et de connaissance, comme aujourd'hui le libéralisme fait sonner à nos oreilles la notion de liberté, alors qu'il
s'agit exactement du contraire.


M : on comprend que le mariage entre un homme et une femme, préfigure le mariage divin entre Dieu et l’homme. Et qu'un  des aspect du mariage (et
peut-être le but ) qu'il soit avec un autre humain ou cet autre divin est l'extase.


G : Oui, nous cherchons tous un peu ça, rejoindre au sein de maman dans ce que Romain Roland à nommer « sentiment océanique », sentiment du bien-être
originel, fusionnel, extatique, mais de là à consacrer sa vie cette régression, est-ce bien raisonnable ? La nature, l'évolution (et non pas Dieu), nous a doté de cette chose merveilleuse
qu'est la conscience, c'est à dire la possibilité d'interroger le monde alentour. Certes, cela peut être angoissant, vertigineux, et qu'un petit repli sur soi, à l'occasion, une bonne régression,
puisse être reposant, mais j'aime autant la conscience, celle de l'autre aussi. Et puis, coté conscience, y a encore pas mal de boulot...


M : De quoi se réconcilier avec les religions.


G : Non ! définitivement.


Cordialement


GG



fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) 08/10/2011 22:15



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