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16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 22:36

 

 

L-identite-sexuelle--affiche-.jpg

 

Contrairement au sexe proprement dit, généralement défini par un groupe de chromosomes, ou l'apparence de nos organes génitaux, l'identité sexuelle est le produit de notre identification à ce que la norme sociale définit comme genre féminin ou masculin. Il y a donc trois manières de nous représenter en tant qu'êtres sexuellement différenciés : biologiquement, en se référant aux chromosomes, XX pour le féminin et XY pour le masculin (bien qu'il existe d'autres génotypes) ; puis socialement, le genre, en référence aux stéréotypes du féminin et du masculin tels que définis par la norme sociale, à savoir une apparence et des comportements adéquats au genre ; et un registre personnel, intime, l'identité sexuelle, qui est la manière dont chacun se perçoit au regard de la norme, c'est le sentiment de soi comme appartenant à un genre. Là où commencent les soucis, c'est lorsque ces trois façons se révèlent incompatibles entre elles, du moins selon la norme. Et encore, même si tout est sa place, il suffit d'une orientation sexuelle, d'un désir, qui ne soit pas exclusivement hétéro pour que l'édifice puisse vaciller.

 

Les problèmes surgissent donc lorsque le sentiment de soi, de son identité sexuelle, se heurte à la norme, sociale ou génétique. Rappelons qu'il est deux types de normes qui ne coïncident pas nécessairement : celles misent en évidence par Canguilhem, que l'on pourrait dire naturelles, comme quoi la vie implique des normes régies par un ordre universel ; puis, des normes culturelles, créées par nous, autant pour assoir le pouvoir de leur prescripteur, ou de qui s'en fait le garant, que de formaliser le lien social, c'est l'ordre symbolique, passant par le langage. Comme exemple de norme naturelle, bio, nous constaterons ainsi que quelle que soit la température ambiante, le corps humain doit se maintenir aux alentours de trente-sept degrés, c'est la norme associée à l'espèce (in Les jeux du normal et du pathologique - D. Bourdin). Toutefois, l'écart à la norme s'intègre aussi à la norme : ainsi, un canard à trois pattes n'en est pas moins canard. Par contre, afin d'illustrer le rapport entre pouvoir et ordre symbolique autour du sujet qui nous intéresse, l'identité sexuelle, nous remarquerons que dans une société donnée, plus les instances de pouvoir sont autoritaires, rigides, moins l'écart à la norme est toléré. Ainsi, lorsque l'identité sexuelle d'un individu ne coïncide pas précisément avec le genre féminin ou masculin tel que prescrit par la norme, ledit sujet est alors considéré déviant, puni et mis à l'écart, voire tout simplement éliminé. La question est alors de savoir en quoi une identité sexuelle « inadéquate » au genre, vu comment notre canard boiteux est alors traité, représente une menace pour l'ordre établi ?

 

Avant de tenter une réponse à cette question, voyons de quels stéréotypes sont porteurs le féminin et le masculin pour que le non-respect de ceux-ci soit susceptible de bouleverser la cohésion sociale. Déjà, la psychanalyse, dès Freud, en associant pulsion de vie et libido, désir et sexualité, culpabilité et angoisse de castration, affirmation de soi et phallus, etc., estimera que les différences anatomiques entre femmes et hommes modèlent le psychisme du sujet par une approche différente de la période œdipienne. Ainsi, d'être doté d'un vagin ou d'un pénis aurait des conséquences pour ainsi dire universelles en terme de stéréotypes psychiques et comportementaux, les contingences auxquelles chacun est confronté se chargeant du rapport entre lesdits stéréotypes et la singularité du sujet. Certes, bien que pas très convaincant, Freud précisera néanmoins que nombre de ces références à la sexualité sont aussi à comprendre en tant que métaphores, mais n'altérant en rien le stéréotype puisque se développant dans le registre symbolique. Partant, la psychanalyse se retrouve prise dans le paradoxe où elle même affirme et promeut la différence des sexes au travers de paradigmes métapsychologiques confirmant les lieux communs associés au genre, et, à coté de ça, dans l'affirmation du singulier comme irréductible aux généralités. Par exemple, un des concepts fondamentaux de la psychanalyse est le « phallus », organe symbolique incarné par une chose signifiante (peu importe quoi) que femmes et hommes mettront en avant pour affirmer leur désir et signifier leur place dans un ordre symbolique où l'on se doit d'assoir quelconque pouvoir. Ainsi, le phallus, référence masculine s'il en est, « signifiant du désir » nous dit Lacan, incarne t-il la puissance souveraine au sein de cet ordre symbolique véhiculé par le « nom du père ». Puis, coté féminin, nous trouvons le masochisme (voire l'introduction au débat : Le masochisme -lien-), mettant en avant cette qualité toute féminine d'accueillir la souffrance dans une position de soumission, quoi que là aussi appartenant aux deux sexes. En tous les cas, même si femmes et hommes sont concernés par ces deux opposés, le moins qu'on puisse dire est que la psychanalyse n'a pas eu peur des stéréotypes comme opérants dans la réalité du sujet. Bien entendu, il n'est pas question de faire le compte de tous les clichés associés au genre, mais ces derniers me semblent assez signifiants pour résumer l'état de notre imaginaire, pour ne pas dire bestiaire.

 

Au passage, nous voyons que ces trois manières de définir notre sexe, biologiquement, socialement, intimement, peuvent être associées aux trois registres mis en évidence par Lacan et dans lesquels évolue la condition humaine : l'imaginaire, le symbolique, le réel. Ainsi, la façon biologique, avec le génome, c'est-à-dire propre à l'espèce, peut être considérée comme une tentative d'approche du réel. Pour ce qui est de la façon sociale, ce que la norme définit comme genre féminin ou masculin, nous sommes en plein dans le symbolique, à savoir l'énoncé commun, sous forme de lois explicites ou implicites, de ce que doit être une femme ou un homme. Quant à la façon intime, l'identité sexuelle, le sentiment de soi, nous sommes dans l'imaginaire, à savoir le rapport que nous entretenons à notre image et à celle de l'autre. Rappelons que Spinoza, déjà, nous disait que « l'esprit est l'idée du corps », autrement dit, toute production de l'esprit, à commencer par le sentiment de soi, est le produit d'expériences réellement vécues, c'est-à-dire passant au travers d'une perception corporelle, et donc par l'idée en image que nous avons de nous même, ressentie dans notre chair à un moment donné. Nous pourrions rattacher cela à ce précédent débat où il était question de l'efficience de nos plus anciens souvenirs (L'impact des souvenir d'enfance, -lien-), où nous avions vu que Proust s'était souvenu du contexte émotionnel à l'origine de son bonheur actuel à éprouver le goût de sa fameuse madeleine lorsqu'il put replacer son image dans ledit contexte, se voyant alors , se ressentant, enfant heureux chez sa tante Léonie. Pareillement, notre identité sexuelle est le produit émotionnel de notre ressenti à l'énoncé de ce qu'est la bonne image du féminin et du masculin, ressenti projeté sur notre image. Partant, notre identité sexuelle est cette conviction, fruit de notre imaginaire, incrustée au plus profond, dans notre chair et dans notre esprit, que l'on peut donc concevoir comme le corps de notre âme, ou l'inverse, l'âme de notre corps.

 

Peu importe donc de savoir si notre identité sexuelle est ou non fondée ; qui mieux que nous peut le savoir, puisqu'elle est notre âme, notre imaginaire, reliée d'un coté au réel, de l'autre au symbolique, produit culturel et organique à la fois, « l'esprit » en tant qu'« idée du corps ». Mais pour ce qui est du lien entre identité sexuelle et réel, outre que de définir les individus comme féminin ou masculin relève du symbolique, si l'on se réfère par exemple aux chromosomes, ce n'est pas forcément très net. Il existe en effet cent quatre vingt seize combinaisons possibles, XX et XY étant les plus fréquentes, mais que faire des autres, notamment celles qui prêtent à confusion au vu des organes génitaux ? Pareillement, si l'on considère uniquement l'anatomie apparente, ou classera-t-on celui ou celle doté d'organes ne correspondant pas aux standards en vigueur, ou tout simplement avec son désir ? C'est donc évidemment le lien entre identité sexuelle (imaginaire) et symbolique (la norme) qui fait problème, le réel échappant par nature à toute définition, il est, c'est tout, là est le lien entre identité sexuelle et réel, indicible. Or, une société, une culture, n'a d'existence que dans le symbolique, se définissant par ses normes, à commencer par sa langue, son histoire, ses mythes, son organisation, patriarcale ou matriarcale, ses lois, ses codes, ses rites, sa hiérarchie, etc... tout ça permettant que s'établisse la cohésion sociale, l'adhésion de chacun à cet ordre symbolique en étant le garant. Du coup, selon la plus ou moins grande tolérance de la société en question, celui qui déroge à la norme risque d'être perçu comme une menace à l'encontre de ladite cohésion. En fait, plus l'instance de pouvoir souhaite diriger le corps social comme un seul homme, plus celui qui s'en écarte potentialise le risque que d'autres se sentent autorisés à s'éloigner à leur tour, quel qu'en soit le motif. Partant, tout écart à la norme, au normal, doit être sanctionné. Nous sommes donc là face à un sentiment de peur généré par la différence ; c'est en quelque sorte la peur de l'étranger, du produit d'une autre culture, d'autres normes pouvant contaminer les nôtres.

 

Parler d'identité sexuelle, c'est avant tout approcher l'une des dernières frontières avant les insondables profondeurs du désir, un peu comme parler d'amour, où l'on s'aperçoit que l'âme est irréductible au collectif, autorisant le sujet à ses propres errances symboliques. Sauf que pour ce qui est de l'amour, l'institution peut difficilement nous en affranchir totalement, celui-ci étant aussi une stratégie de l'espèce pour assurer sa pérennité (voire l'introduction au débat : Pourquoi l'amour ? -lien-). Mais même là nous voyons à quel point l'autorité, qu'elle soit religieuse, politique, ou économique, tente d'encadrer nos émois afin que le sujet en proie à sa passion s'éloigne le moins longtemps possible de son cheptel d'origine, et tout ça pour aller conter fleurette. Plus le pouvoir se veut fort, inébranlable, plus le désir du sujet (de l'objet devrait-on dire), ce qui le singularise, doit être éradiqué, ne conservant pour horizon que le maintien d'un ordre symbolique intouchable, impensable, sacré. Celui qui n'adhère pas doit être éliminé, au risque de la contagion. En somme, le principal péril auquel est confronté le pouvoir, c'est la singularité du désir. Alors, forcément, quand un homme vient nous dire qu'il fut mal étiquetté, que la société s'est trompée, qu'il est en fait une femme, ou l'inverse, ça fait désordre, le gueux vulgus pourrait soudain croire que tel n'est pas sa place, qu'il put être calife à la place du calife, que cela comblerait bien mieux son désir, c'est alors l'anarchie, le chaos... Nous pouvons donc dire que les mouvements de répression à l'encontre de ces étranges individus, dits pédés, travelos, trans., etc., qui ne parviennent pas à maitriser un désir incompatible avec leur genre d'attribution, voire même qui le revendiquent, désir alors énoncé par l'autorité comme aberrant et par là même dangereux, que cette répression, donc, est la conséquence d'une peur inélaborable face au danger potentiel que représente tout écart à la norme. De plus, l'histoire est assez riche en ce sens, nous voyons que ces condamnations de la différence sont le fait de « pensées » autoritaires, totalitaires, réactionnaires, intégristes, fascisantes, tout simplement obtuses, partout où le mot tolérance est réservé aux dites maisons, dans lesquelles on caricature jusqu'à l'outrance nos bons vieux stéréotypes, moyennant finance comme il se doit.

 

En somme, nous aurions d'un coté le camp d'une tolérance bien pensante, à gauche évidemment, revendiquant le droit à la différence entre frères humains, puis, à droite, le camp des méchants, où les dites différences sont inconcevables et dangereuses, notamment comme exemple en direction d'une jeunesse en mal de repères. Mais là, nous ne faisons qu'évoquer les réactions face à ceux dont l'identité sexuelle est en quelque sorte hors norme, où les différences d'avec les standards religieusement établis peuvent être perçus comme le signe avant-coureur de l'état de dégénérescence d'une société perpétuellement menacée de décadence, donc de destruction. Sauf que, l'identité sexuelle ne pose pas problème que dans le hors-piste, et que sur les voies bien balisées du féminin et du masculin l'on tente aussi de supprimer les écarts, supposant que si disparité il y a, celle-ci ne pourra être interprétée que qualitativement. Or, vu que nous évoluons dans une société patriarcale, la distinction homme-femme se fera naturellement au bénéfice des premiers, entendu que différence et égalité soient antinomiques. Du coup, voilà que les rôles sont inversés, ceux-là même qui prônaient le respect de la différence à propos du hors-norme, veulent à présent supprimer les particularismes associés aux genres, entendu, donc, que si femmes et hommes sont identiques, qu'il n'y a pas de différence, ils sont forcément égaux. Ainsi, devient-il tout naturel d'intégrer celui ou celle dont l'identité sexuelle est selon la norme inadéquate au genre, puisqu'il n'y a plus de différence, mais déniant par là-même le sentiment du sujet qui souhaite justement affirmer sa singularité, quelle que soit la piste empruntée, balisée ou non.

 

Certes, nous pourrions en appeler à la science pour trancher le débat, savoir si l'identité sexuelle est culturelle ou biologique, ou les deux, et dans quelle proportion ? A en croire Doreen Kimura, professeure de psychologie à la Simon Fraser University, de nombreuses expériences tendent à démontrer qu'il y aurait bien des différences cognitives significatives entre les sexes. Par exemple, allant dans le sens des stéréotypes, « la plupart des tests d'aptitude spatiale montrent certains avantages en faveur de l'homme, qui excelle en particulier dans la rotation mentale et dans le lancer de précision. La femme, cependant, réussit en général mieux à se souvenir des positions d'objets dessinés sur le papier et de repères sur un chemin. Il s'avère que l'homme trouve son chemin essentiellement en se fondant sur les propriétés géométriques de l'espace, alors que la femme a tendance à utiliser plus souvent des objets spécifiques » (in Cerveau d'homme et cerveau de femme ?). Par ailleurs, lors de la croissance intra-utérine, il semble aujourd'hui acquis que les hormones n'influent pas seulement sur le développement du corps, mais aussi sur celui du cerveau. Nous serions donc dotés dès la naissance d'un cerveau sexué, fille ou garçon. Toutefois, selon le chercheur Olivier Klein, synthétisant, lors d'une conférence dispensée à l'Institut des Hautes Etudes de Belgique, les résultats de nombreux travaux visant à étudier l'éventuel bien fondé des stéréotypes psychologiques associés à la différence des sexes, celui-ci nous dit qu'effectivement « ces différences tendent à se conformer aux stéréotypes de genre », mais que d'en appeler aux neurosciences pour établir un lien entre ces différences psychologiques et celles structurelles du cerveau de l'homme ou de la femme était pour l'heure encore illusoire, d'autant que « il est souvent ardu de déterminer si ces différences sont innées ou sont au contraire produite par l'environnement : après tout, on ne peut pas exclure que les activités différentes des hommes et des femmes tendent à affecter la structure de leur cerveau, dont la plasticité n'est plus à démontrer ». Par contre, toujours rapporté par Olivier Klein, ce que mettent en évidence nombre d'études, c'est la valeur prédictive des stéréotypes, comme quoi le sujet aurait tendance à s'y conformer afin de faciliter les « relations aux membres de l'autre sexe » (1). Ainsi, l'assertion de Simone de Beauvoir, « on ne nait pas femme, on le devient », serait en partie fondée, quoi que ladite partie soit encore impossible à circonscrire scientifiquement, ce qui laisse de beaux jours à l'expression de notre subjectivité dans les débats sur l'identité sexuelle et les différences attenantes, et c'est tant mieux.

 

Pour finir, mentionnons la psychologie évolutionniste, pour qui l'évolution a sélectionné des comportements différents selon les genres, où l'identité sexuelle s'affirmerait notamment dans les rapports de sélection homme-femme, chacun étant contraint à des stratégies différentes pour perpétuer sa lignée, son propre génome (voire l'introduction au débat : La créativité, dispositif de séduction -lien-). Nous comprendrons, par exemple, que la femme ne produisant qu'un ovule par mois, celle-ci ait tout intérêt d'être plus regardante sur la qualité de son partenaire, alors que ce dernier produit une flopée de spermatozoïdes à chaque accouplement. Si l'on ajoute à ça la nécessité pour la femme de « fixer » son compagnon afin que ce dernier subvienne aux besoin de la famille, au moins le temps de la gestation et du début d'autonomisation de la progéniture, période durant laquelle la femme ne peut subvenir seule à ses besoin, et nous retrouverons cet aphorisme devenu lieu-commun, comme quoi : « Le sexe est le prixque les femmes paient pour se marier. Le mariage est le prix que les hommes paient pour avoir du sexe ». Quoi qu'il en soit, à l'attention de ceux qui aimeraient bien bousculer quelques stéréotypes, Olivier Klein conclut ainsi sa conférence : « les stéréotypes sont des outils de connaissance pragmatiques dont l'une des principales fonctions consiste à interpréter notre relation aux membres du groupe qu'ils décrivent. C'est donc en faisant évoluer les relations entre les groupes qu'on change le stéréotype et non l'inverse ». Et pour la route, un petit dernier en rapport avec ce qui précède, comme il se doit de Sacha Guitry : « Elle est en retard... elle viendra ! »

 

GG

 

(1) : Pour qui s'intéresse au stéréotypes relatifs à l'identité sexuelle, le texte tout autant indispensable qu'accessible de la conférence d'Olivier Klein : « Quand la psychologie compare hommes et femmes : de la science aux stéréotypes et vice versa » -LIEN-

 

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commentaires

sacredbreethfuri 20/12/2011 20:52


Oui, c'est vrai.probablement que l'idée d'une nature plus ou moins sacrée, genre, divine traine dans mon esprit, meme si je ne crois pas en "Dieu"..me disant éventuellement que le corps est
comme innocent, en qq sorte, et que par des opérations, on lui ancre nos fantasmes, projections, sentiment de soi, aussi..pour ma part, je me demande si c'est bien sain (selon vous, oui, donc; à
réfléchir pour moi).


aussi, je pense, (mais ce n'est pas trop à débattre, plus mon ressenti personnel,)sans pour autant rejoindre le point de vue de Myosotis, qu'il est "mieux' (donc plus valable ? meilleur ?)
d'arriver à être en accord avec son corps et ses attributs de naissance.je le vis très différemment pour ce qui est des codes, des attributions, roles, que là je crois facultatifs, presque
"optionnels", sujets à l'autodétermination, presque.. pour ce qui en est du rapport au corps, je me dis que c'est "mieux" de composer avec l'héritage de la "natttuuuuuuuure"(Myosotis sera
contente), ce qui ne dit en rien pour moi du destin de cet héritage, de ce qu'il faudrait en faire.pour ce qui me concerne, je crois que je suis "fluctuante" comme personne, niveau identité,
avant même de parler orientation( je n'ai su distinguer si l'une était fondement de l'autre, et leurs liens entre elles ?) .. pour dire franchement, il m'arrive de vivre des aspects masculins, et
féminins, alors comment peut-on se dire homo, ou hétéro, par exemple, dans ce cas de figure, ou le sentiment de soi, est ambigu, fluctuant ?


"


Presque sans exception, les personnes transgenres préfèrent être nommées selon le genre avec lequel elles s'identifient ou sous lequel elles se présentent. Ainsi, une personne qui s'est vue
attribuer le genre masculin à la naissance, mais qui s'identifie comme étant une femme, préfèrera l'usage des pronoms et des adjectifs féminins ; pour décrire son orientation sexuelle, elle
emploiera le vocabulaire de son genre : hétérosexuelle si elle n'est attirée que par les hommes, lesbienne si elle n'est attirée que par les femmes et bisexuelle si elle attirée par les deux.
Pour une personne transgenre non transsexuelle, les notions usuellement employées pour décrire l'orientation sexuelle s'avèrent inopérantes, interrogeant par là même leur universalité. Ainsi, une
personne multi-genre, dont le genre d'assignation est masculin, mais vivant socialement de manière équilibrée entre plusieurs genres, peut-elle être qualifiée d'hétérosexuelle si elle est
exclusivement attirée par les femmes ?


source wiki"


je m'y reconnais assez, et pense en ce sens, qu'il est presque "dommage" d'avoir à en venir à  des interventions et changements de sexe pour "changer de genre socialement"..je me dis parfois
que ces catégories de cross overs entre identité de genre et sexuelle sont complications, déconnectées dans une certaine mesure du réel, trop "culturelles, fabriquées de notre culture(pourtant je
m'y ressens assez bien) et comme Myosotis, sans la rejoindre pour autant dans son positionnement(tiens pour myosotis d'ailleurs :D  http://www.inxl6.catholique.fr/article1667.php ), je me
demande si il n'y a pas là quelque chose de bancal, parfois, de peu équilibré en effet; du moins, possiblement en ce qui me concerne.je me pose des questions en ce sens aussi ;) par ex, que
penser des catégories ou on serait transgenre, et on se vivrait, admettons, femme, de genre, tout en étant un homme biologiquement, tout en aimant les femmes, mais admettons, pour bien pimenter
le truc, comme une femme, donc, lesbienne/ homo (bien qu'il s'agisse d'un gars à la base).j'imagine que cela ne fait aucun sens pour certaines personnes.

Sacredbreethfuri 16/12/2011 03:03


De toute façon, l'homosexualité n'est pas une pathologie, pas plus que les problématiques existentielles, et ne présuppose en rien de nos capacités cognitives, ou
de notre potentiel à être heureux, créativement.
à titre de blague, je dois avouer ne pas même savoir si je suis hétéro, ou homo quant à moi :) entre autres, ce qui à mon age, est quand même plus que bizarre..je me dirais bien pansexuel ( à
lire sur internet).Mais je ne sais si c'est très crédible/réaliste..  ne peut-on  être réellement bisexuel ?

Café-psy 16/12/2011 04:05



 


Bien sur qu'on peut être bisexuel. Explorez tout ça, ramenez votre désir à la surface, et vous serez fixée. Sur ce, bonne nuit, j'ai de la route qui m'attend
demain. Et encore bonnes fêtes !



Sacredbreethfuri 16/12/2011 02:38


GG : Pas de soucis, les neurones n'ont rien à voir avec tout ça. Il est néanmoins possible que des parents un peu dérangés, ou pas d'ailleurs,


 


oui, ou pas. Mais pour ma part, je me refuse à présent à relativiser les problèmes psychologiques, de mes parents(que j'arrive mal à encaisser comme tel, durant un bon moment, je les considérais
comme seul des géniteurs, pour ainsi dire, en tant que "parents./enfants, nous ne sommes pas "rencontrés", alors qu'est-ce qui nous a "liés" ? je sais pas trop, je sais juste qu'enfant, je n'ai
certes pas choisi ces liens d'obligeances), je ne cherche plus à les comprendre.J'aimerais bien pouvoir cesser de les juger complètement, mais d'en avoir fait frais de leurs choix, et quelques
faillites me rend quelque peu difficile cette position de neutralité.Dire des personnes foncièrement "dérangées" me dérange, pourtant, et pour ce qui les concerne, je pense qu'il s'agit d'une
situation complexe, ayant réuni des parcours chargés, de bcp de souffrance, à fort potentiel traumatique, et "symptomatisant" jusqu'en des problèmatiques de sociétés(genre milieu qui se replie,
limite sectaire dans le processus, comme un second milieu en dehors de la norme, mentalité privée qui s'extrait du collectif en certains aspects, puis quelques comportements qui pour moi relèvent
du mal vivre ensemble, et encore, c'est "gentile" de ma part comme qualificatif; mal vivre au point que je vivais ma famille comme une sorte de constellation "karmique", cad, maudite, dans mon
imaginaire, comme si nous étions enchainés, de schémas de répétition, je vis encore la "famille", au plus général, sous une insigne funeste, celle de la transmission inconsciente du mal-vivre et
du malheur.. j'ai certainement vécu avec des gens, des parents, qui sans être des malades, vivaient des relations malades, les relations que nous avons eu étaient "pathologiques", .. et au sortir
de cela, quand je regarde autour de moi, je ne trouve pas que le monde plus "normal", est moins malade ;) pour mon édification, et aussi, une certaine désillusion) .Selon vous cela n'est pas une
attaque neurologique, je ne le crois pas non plus, ni pour moi, ni pour aucun membre de ma famille, ni pour aucune personne construite peut-être un peu atypiquement.. même si je me suis parfois
posé la question de la "tare"(carrément).


 


ou en souffrance, ou le milieu, créent des situations ou un contexte traumatique pouvant entraîner des fixations plus ou moins précoce dans le développement psycho-affectif de l'enfant. Cela
étant, la pathologie n'est pas forcément au bout, même si quelques symptômes traînes ça et là. Les ennuis commencent vraiment en cas de décompensation totale ou partielle de la structure. De
toute façon, l'homosexualité n'est pas une pathologie, pas plus que les problématiques existentielles, et ne présuppose en rien de nos capacités cognitives, ou de notre potentiel à être heureux,
créativement.


Hm, pour ma part, j'ai déjà comme l'on dit prosaiquement "pété les plombs", donc rencontré les ennuis suite à .. un ensemble de vécus.C'est tout juste depuis quelques mois que je vais mieux..j'ai
déjà consulté un psy, et à mon avis, il a bien du allongé la liste de mes symptomes et troubles, d'alors au point peut-être d'y rajouter des maladies psychologiques qui n'existent pas même
encore- je sais déjà que je symptomatiserais de sorte très bipolaire ;); j'ai surement déjà "décompensé", je ne sais si c'est d'une structure de construction de personnalité, ou en pure
contrecoup.. plus ou moins difficile à éviter. je ne présage rien quant à ce qui pourrait advenir, si j'aurais décompensé", que reste t-il à faire, sinon à aller au fond des choses ? si il est
des traumas, des choses fixées pathologiquement, pour certaines j'espère peut-être m'en libérer( se libérer du poids du passé, somme toute), et crois cela possible, pour d'autres, je ne trouve
pas cela nécessaire, en fonction de quoi, de qui ( du passé des autres? dans le sens, de gens piégés dans leurs us, routines, normes, et rigidités de pensées ?)?..j'ai dans la vingtaine, et en
fait, je me sens comme si j'avais foiré mon adolescence, et tout ce qui aurait du me permettre de me construire.De quels genre peuvent être ces fixations du développement de l'enfant en cas de
situation traumatique ?


G : Comme beaucoup de femmes et d'hommes stériles, qui n'en sont pas moins femmes ou hommes.


Oui, c'est vrai.probablement que l'idée d'une nature plus ou moins sacrée, genre, divine traine dans mon esprit, meme si je ne crois pas en "Dieu"..me disant éventuellement que le corps est comme
innocent, en qq sorte, et que par des opérations, on lui ancre nos fantasmes, projections, sentiment de soi, aussi..pour ma part, je me demande si c'est bien sain (selon vous, oui, donc; à
réfléchir pour moi).


 


Joyeuses fêtes à tout le monde


 


Joyeuses fêtes à vous.

Café-psy 16/12/2011 04:04



 


Vite fait, j'ai plus trop le temps de vous répondre dans le détail, sans perdre de vu que je ne suis pas psy et qu'il s'agit d'une simple conversation informelle,
un point de vu parmi d'autres. D'abord, vous avez tout à fait le droit d'en vouloir à vos parents. Mais que cela ne vous empêche pas de reprendre possession de votre histoire. Ensuite, d'avoir
« pété les plombs » et de se trimbaler un malaise n'est pas pathologique en soi, mais le signe d'un truc coincé, traumatique, une tranche de réel en souffrance bloquée dans vos
tréfonds, avec votre flux désirant, derrière, qui pousse... bref, faut que ça sorte ! Alors oui, aller trifouiller tout ça ! Aller au fond est une bonne chose, mais pas dans le sens de
se laisser glisser (plus on descend, plus il est difficile de remonter), mais avec la volonté d'explorer, de ramener tout ça à la surface, d'y apporter la lumière du symbolique, du langage. Et
n'hésitez à vous faire aider, continuez avec votre psy. Et puis laisser tomber les histoires de bipolaire et autres symptômes, placez vos propres mots sur votre souffrance, ne laissez pas le
langage de l'autre, fut-il celui de la psychiatrie, vous déposséder de votre ressenti, ou de l'induire. Tout le monde est confronté au traumatisme, certains le digère, d'autres non, mais il n'est
pas de traumatisme inélaborable.


 



sacredbreethfuri 15/12/2011 23:44


 


pour rendre la nature conforme à ce qu'elle aurait du être", ce qui ne sera effectivement jamais vraiment le cas que d'apparence, un homme opéré en femme, et inversement, ne pourra jamais faire
"acte", de "procréation,  se déterminer homme-femme "réellement"" entre autres


Enfin, d'apparence, non, c'est vraisemblement le cas hormonalement & co, mais là, je n'ai pas exploré plus le sujet

Sacredbreethfuri 15/12/2011 23:42


G : Mais pourquoi systématiquement associer problème d'identité et déséquilibre parental ? ce qui ne repose sur aucune réalité.


Je ne sais pas si Myosotis n'a pas pris l'exemple de mon propre schéma familial dysfonctionnel , auquel j'ai fait allusion, pour étayer son hypothèse du déséquilibre des personnes à identité de
genre "différentielle", moi même en ayant parlé quelque peu, de sorte à faire le lien entre mes difficultés de positionnements./structurations  aux autres (ce qui est peut-être juste un
quelque "trouble" dans l'air du temps, je ne sais)et le modèle "familial" que j'ai vécu( à tort, peut-être, je pense toutefois qu'avoir eu des "modèles inadéquats", et pas d'autres figures saines
dans mon entourage a pu m'attaquer les neurones possiblement)..ceci dit, je ne suis pas trans, ni transgenre, donc pas un cas représentatif, j'explore le sujet( me suis certes posée pas mal de
questions sur ce sujet, .. j'ai ressenti un temps un malaise, comme une inadéquation de genre, presque "transgenre" si tant est que myosotis accepte ce terme- ce qui , je crois, veut dire se sentir
à la croisée des genres, du troisième type quoi!.ma position est assez mitigée, dans le sens que pour moi, la nature ne nous a pas attribué un genre inadéquat à la réalité", symbolique, je ne sais
si il est pertinent, sain, de modifier la nature, le réel, selon ce sentiment du soi, mais surtout, selon la composition de ce soi dans , la "réalité" qui resterait notre production.Au final, on
peut y voir une grande liberté de moeurs que des personnes puissent changer de sexe, en un autre, pour ma part, je me dis parfois, quelle aliénation aux codes, au social, à tout ce cirque, au point
de parfois se transformer physiquement, pour rendre la nature conforme à ce qu'elle aurait du être", ce qui ne sera effectivement jamais vraiment le cas que d'apparence, un homme opéré en femme, et
inversement, ne pourra jamais faire "acte", de "procréation",  se déterminer homme-femme "réellement"" entre autres, au point de vue de la biologie, des processus de vie;  ce qui ne veut
pas dire pour moi, que la personne ne puisse pas se ressentir avec la légitimité de ce sentiment de soi, comme d'un autre genre que celui que la société lui attribue, mais ceci, car j'ai cru
comprendre que certaines personnes trans pouvaient regretter l'opération une fois passage à acte effectué. je ne sais pas si j'exprime bien mon sentiment à ce sujet), et il me ne me semble pas que
des dysfonctionnements familiaux soient corrélés à des troubles d'identité de genre.peut-être certaines personnes considère des déséquilibres parentaux dès lors que le schéma "traditionnel"
normatif,  n'est pas respecté, par ailleurs( donnant générations de gens "bancals, "aux repères plus ou moins deconstruit de nos anciennes valeurs ?

Café-psy 16/12/2011 01:53



 


Sacred... : je pense toutefois qu'avoir eu des "modèles inadéquats", et pas d'autres figures saines dans mon
entourage a pu m'attaquer les neurones possiblement


 


GG : Pas de soucis, les neurones n'ont rien à voir avec tout ça. Il est néanmoins possible que des parents un peu dérangés, ou pas d'ailleurs, ou en
souffrance, ou le milieu, créent des situations ou un contexte traumatique pouvant entraîner des fixations plus ou moins précoce dans le développement psycho-affectif de l'enfant. Cela étant, la
pathologie n'est pas forcément au bout, même si quelques symptômes traînes ça et là. Les ennuis commencent vraiment en cas de décompensation totale ou partielle de la structure. De toute façon,
l'homosexualité n'est pas une pathologie, pas plus que les problématiques existentielles, et ne présuppose en rien de nos capacités cognitives, ou de notre potentiel à être heureux,
créativement.


 


S : je ne sais si il est pertinent, sain, de modifier la nature, le réel, selon ce sentiment du soi, mais surtout, selon la composition de ce soi dans , la
"réalité" qui resterait notre production.


 


G : la réalité est immanente (à moins de croire en Dieu), c'est-à-dire que oui, elle est notre production en interaction avec le milieu. C'est un des paradoxes
soulevé par Winnicott, que nous créons ce qui est déjà là. Par ailleurs, si nous sommes bien des êtres de nature, nous sommes surtout des êtres de culture. Du coup, si on considère la nature dans
le champ du réel, nous la modifions dès notre entrée dans le symbolique ; c'est notre nature pourrait-on dire. Rien de plus sain en somme.


 


S : un homme opéré en femme, et inversement, ne pourra jamais faire "acte", de "procréation",  se déterminer homme-femme "réellement"


 


G : Comme beaucoup de femmes et d'hommes stériles, qui n'en sont pas moins femmes ou hommes.


 


S : peut-être certaines personnes considère des déséquilibres parentaux dès lors que le schéma "traditionnel" normatif,  n'est pas
respecté


 


G : Il n'est jamais respecté, à moins d'être « normopathe ».


 


Joyeuses fêtes à tout le monde


GG


(Je m'absente quelques jours, sans Internet. je ne pourrais donc pas vous répondre tout de suite, s'il y a lieu.)