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18 juin 2009 4 18 /06 /juin /2009 14:19

 

"L'objet naît dans la haine". Peu importe de savoir à quel moment, intra utérin ou stade oral, s'instaure ne serait-ce que l'embryon d'une relation objectale, où l'enfant distinguera une source extérieure d'excitation désagréable, du non-moi source de danger, cet aphorisme de Freud est simplement le constat que le monde commence de se révéler à nous en tant que menace, générant par là même une réaction agressive à son encontre. Pour autant, je ne suis pas sur que le terme haine soit approprié, peut-être devrions-nous parler ici de colère ?

 

La haine n'est pas un concept, du moins psychanalytique, bien que largement utilisé par cette dernière. Pas plus Freud que les autres ne l'on clairement définie, sinon en se démarquant de la philosophie qui, pour une fois unanime, considère la haine comme le pendant de l'amour, comme le beau et le mauvais temps, évoluant aux grés des courants dépressionnaires, que l'on nommera ici "climat" et là "passion". Pour la psychanalyse, la haine est antérieure à l'amour et relève avant tout, selon Freud, d'un mouvement d'autoconservation visant à se prémunir de l'extérieur. Quant à l'amour, il serait le prototype des pulsions sexuelles. Quoique pour Lacan, qui distingue amour et désir, ce dernier relève effectivement des pulsions sexuelles, par contre, l'amour appartiendrait au registre des pulsions d'autoconservations, celui-ci concernant l'image idéalisée de l'autre et, par là même, de soi, alors que la haine serait à l'adresse de l'objet a, c'est-à-dire à l'inconnu en soi et en l'autre. Mais pour lui aussi, amour et haine sont d'origines fondamentalement différentes. Cela étant, haine et amour sont au moins similaires en un point, de résister au langage, d'en décrire éventuellement les effets, mais de substances inaccessibles, c'est-à-dire appartenant au champ du réel. Partant, le réel se définissant comme tout y étant à sa place, ou rien ne manque, il ne peut avoir de contraire puisque tout est présent en lui. C'est comme d'observer un individu donné, formant une entité complète, sans contraire possible, absolu en lui-même et impossible à définir dans son être, où rien ne manque sinon par l'effet du langage. Il en va de même pour l'amour et la haine, absolu en soi, quant bien même l'un et l'autre s'attireraient mutuellement, sorte de force gravitationnelle générée par les susdits, que l'on pourrait alors nommer passion. C'est d'ailleurs pareil concernant deux individus, s'attirant, se repoussant, se cognant, s'imbriquant, tournant l'un autour de l'autre, mais impossible à fusionner, quelque soit la force de la passion et nos efforts langagiers... y en a toujours un bout qui dépasse, bien réel. Nous pouvons donc dire que si passion il y a, celle-ci naît de l'amour, ou de la haine, et non l'inverse. Il n'y a pas de petite haine, pas plus que de grande d'ailleurs, l'adjectif est ici superflu, comme tout ce qui touche au réel, où plus nous y associons de superlatifs, plus nous nous en éloignons.

 

Beaucoup de termes ou de concepts sont associés à celui de haine : répulsion, vengeance, agressivité, colère, envie, mépris, jalousie, la plus part nous laissant supposer que la haine vise à détruire l'objet de son ressentiment, alors qu'en fait, ce qui unit tous ces vocables, et d'autres, du moins associés à la haine, c'est la douleur, et la nécessité d'y apporter une réponse. Mais je crois que la haine, dans son absolu, se distingue en ceci, rejoignant ici l'amour, en ce qu'elle vise à conserver l'objet haï, objet tampon permettant de survivre à la douleur. En fait ce n'est pas l'objet qui est haï, mais la douleur que nous focalisons sur lui afin de lui donner du sens. Selon le psychanalyste Nasio, la douleur désorganise le psychisme, crée la perception d'une tension affolée, alors que le simple déplaisir est la conséquence d'une excitation qui reste maîtrisable. La haine vise donc à rassembler les morceaux d'un moi éparpillé, fracassé sous l'impact d'un choc traumatique, suite à une rupture, un deuil, et tout ce qui peu provoquer l'éclatement du moi. En ce sens, la haine peut être considérée comme une défense plus ou moins adaptative, c'est-à-dire selon l'usage qui en est fait. En tout cas, elle permet la survie, d'où la nécessité de conserver l'objet de sa haine.

 

Pour beaucoup, tant en philosophie qu'en psychanalyse, la haine représente un obstacle à l'épanouissement du moi. Mais encore une fois, tout dépend de l'usage qui en est fait. A l'opposé, nous aurions l'amour (toujours cette idée des contraires) qui, lui, grandirait l'être, faisant souffler un parfum de liberté en reculant les frontières du possible, ouvrant le moi à de nouvelles représentations par l'exaltation du désir, épanouissant notre créativité, etc... Tout cela est vrai, sauf à rester comme deux ronds de flan en présence de notre fantasme, ce qui, convenons en, s'est déjà vu. Quant à dire que l'amour grandisse l'intellect, il est difficile de prétendre qu'il s'agit là de sa qualité première. A l'inverse, donc, nous aurions la haine, focalisée, étroite, maintenant le fantasme dans une relation d'emprise morbide afin de resserrer le moi, d'ordonner notre chaos intérieur par la force d'attraction, la passion que génère la haine. Certes, et là encore, tout ceci est indéniable. Mais si l'on retire la dimension morbide du surinvestissement de l'objet, si l'on ne conserve que l'aspect focalisation alors, rien n'empêche le moi ainsi reconstitué de déployer des trésors d'ingéniosité, de créativité, pour vivre pleinement sa passion et, comme en amour, de conquérir de nouvelles parcelles de liberté. D'autre part, d'en revenir à la morbidité, celle-ci s'opposant à la nature de l'être, qui est de vivre, quitte à tuer pour cela, justement par souci d'autoconservation, cela suppose d'aller puiser en nous des ressources insoupçonnées, ou refoulées, ce qui revient au même. En ce sens, nous pouvons dire que la haine est susceptible de nous contraindre à exacerber notre créativité.

 

Bien entendu, il y a dans ce dernier propos une vision que l'on pourrait qualifier de romantique, la haine, à l'instar de nos passions les plus folles, par la démesure qu'elle implique, invite à cette vision esthétisante et irrationnelle, bien que s'opposant à notre morale chrétienne, celle du "aimez vous les uns les autres", qui a pourtant conduit à tant de massacres. Il est coutume de dire que la haine ronge l'âme et le corps, et ce peut en apparence être vrai, mais seulement en apparence, car c'est la douleur qui nous détruit, la haine n'étant qu'un moyen parmi d'autres de la combattre, une éventuelle solution pour reconstituer un moi défait par l'abjection de la douleur. Partant, le destin de la haine, si la défense s'avère opérante, est de s'épuiser dans la réunification du sujet en lui-même, permettant à l'être de rejoindre à sa nature, le passage ne pouvant s'effectuer que dans le pardon. Triste destin,dirons les romantiques amoureux de leur passion dévastatrice, passion immorale qu'il faudrait trahir par une résignation commune, pour ne pas dire vulgaire, de rejoindre à la morale en un acte de soumission quasi religieux, et de renoncer à l'objet chérit de sa haine, celui qui nous fait vivre.

 

La psychanalyste Julia Kristéva considère "l'abject" comme "le degré zéro de ce qui sera perçu ultérieurement comme des variantes de la haine", l'abject étant cette douleur sans nom qui résulte du traumatisme de la naissance, où l'enfant est "confronté à la séparation du contenant utérin, puis du corps maternel pour en faire un objet prototypique de tout objet de parole et de pensée". Autrement dit, la mère, avant même que d'être reconnue, est pour le nourrisson le seul extérieur accessible où focaliser le non-sens de l'abjection, le plaisir n'étant pour l'heure que d'accéder à la jouissance de l'homéostase primordiale, dans l'indifférenciation du dedans et du dehors. En fait, l'objet naît de l'abject. Puis lorsque s'imposera l'objet, d'abord partiel, le sein, puis total, la mère, que l'enfant accèdera à l'ambivalence de ses sentiments, où peuvent voisiner l'amour et la haine, clivés en un bon et un mauvais objet, l'enfant devra ensuite refouler l'un des deux par besoin de cohérence, ne pouvant à la fois percevoir l'objet comme bon et mauvais, ou de maintenir un clivage qui déboucherait sur une angoisse de morcellement. A cet endroit, je risquerai l'hypothèse que pour refouler l'abject et sa défense, la haine, l'enfant doit en passer par une sorte de pardon primaire, rejoignant en cela le postulat kleinien d'un surmoi précoce qui ne soit pas encore l'instance morale décrite par Freud, mais une réaction visant à protéger le moi de sa propre destructivité. Ainsi, la totalité de l'objet peut être intégrée, objet ambivalent par nature, "l'object" aurai pu dire Lacan, car si la mère est bien ce havre de bonheur et de  paix, d'amour, elle est aussi celle qui nous délivre le message de la mort, tant par la naissance, où nous vivons l'abjection de notre nature mortelle, délivrance pour la mère et aliénation pour l'enfant, que de part les manques auxquels elle nous confronte immanquablement. 

 

Nous sommes donc face à deux sentiments inconciliables et d'origines différentes, n'ayant d'autre choix pour éviter la douleur et la folie que de refouler l'abject, le moteur en étant le pardon. Mais si refouler veut dire sortir de la conscience, ranger tout ça dans un coin de l'inconscient, nous savons que ce dernier conserve en l'état ce que nous y entreposons et, que parfois, si la chose est trop grosse, elle a tendance à déborder, malgré quelques soupapes de sécurité et nos efforts pour l'y maintenir. Partant, lorsque la douleur s'impose à nous sous une nouvelle forme, actuelle, qu'elle vient fracasser notre conscience suite à une perte, une rupture, une déchirure, ne reste plus alors que le surmoi endommagé comme rempart à ce corollaire de la douleur originelle, fuyant de toute part, la haine. Mais à la différence de maman, l'objet actuel de notre haine ne nous délivre plus la promesse de son amour, et même, comble de l'absurde, se refuse à occuper la place de choix que nous lui avions octroyé au cœur de notre âme à présent brisée, d'où le sentiment de vide qui prive le moi de sa substance, l'éparpillant en tout sens. La haine, comme à l'origine, est donc le moyen de rassembler tout ça, de combler le vide, de refuser le non-sens de l'abjection en maintenant l'objet à cette place qu'il se refuse dorénavant à occuper, d'où l'impératif absolu de conserver l'objet de sa haine, sans espoir, sinon de le haïr, de le punir sans fin.

 

On a souvent tendance d'associer la haine à une grosse colère, alors qu'il y a une différence de taille, non pas de volume, car il est des colères incommensurables, mais de nature. Là où la haine vise à conserver l'objet, de part un deuil impossible, la colère n'a pour objectif que de le détruire, de le pulvériser, de l'expulser hors de cette place qu'il s'est abusivement octroyé, semant le désordre dans une psyché dont le maintient en cohérence demande parfois de gros efforts. En ce sens, nous pouvons dire que la colère est du coté de l'angoisse, c'est-à-dire de combattre une douleur annoncée, alors que la haine est une réponse à une douleur effective, non plus une menace de désorganisation, pour ainsi dire palpable, mais un moyen de recoller les morceaux suite à l'irruption fracassante de l'indicible, de la douleur, de l'abject. Pour autant, la haine n'exclut pas la colère, ambivalence d'un sentiment comportant un double impératif : d'une part cimenter le moi autour d'un objet qui s'y refuse, mais que l'on contraint de la sorte, puis, dans un second temps, la nécessité d'expulser l'objet en question, qui, de part son refus, représente un danger permanent. Cela pourrait s'illustrer par ces vengeances à priori réussies, mais qui laissent notre vengeur dans le plus profond désarroi, face au vide d'une haine désormais sans objet, sinon soi même, puis le monde entier, et, peut-être, de bien pratiques bouc émissaires.

 

D'ailleurs, la haine n'a pas forcément d'objet, que l'on retrouve dans cette formule désormais fameuse "J'ai la haine !". Ici, l'abject n'a pu se circonscrire autour d'un nom, ou alors trop vague, la société, les juifs, la culture, etc... Ce peut être la haine de soi que l'on transfert sur l'autre, haine archaïque issue d'une culpabilité sans élaboration possible, mais n'oublions pas que l'abject, s'il est désormais inscrit en nous, nous fut révélé par l'extérieur, et qu'il serait réducteur d'expliquer nos haines irrationnelles comme étant la conséquence systématique de la haine de soi, quant bien même ce fût souvent le cas.

 

Pour finir, je souhaiterais évoquer les deux seuls destins à mon sens tenables concernant l'objet de notre haine, bien entendu hors de toute considération morale. D'abord le pardon, tant envers soi qu'à l'égard de l'autre, qui permet de redonner à l'objet une place acceptable, ce que vise tout processus de deuil, où la douleur n'est ni déniée, ni refoulée, mais voisine au coté d'un objet reconnu pour ce qu'il fut, c'est-à-dire faisant partie de notre histoire, à jamais, mais n'empêchant plus son cours. Cela dit, je parle d'un authentique pardon, de soi à soi, et non pas ce truc religieux sous forme d'absolution, d'un pardon extérieur qui évite la maturation du processus et nous aliène à l'instance pardonnant (que l'on peu d'ailleurs appeler l'alien), seule habilitée désormais à nous délivrer du mal. Partant, lorsque les représentants de ladite instance nous disent en son nom ce qu'il convient de faire, on a plus trop le choix, sous peine d'un retour de culpabilité et, par là même, de la haine, pour le coup envers soi. Mais il y a un autre destin pour notre objet de prédilection haineuse : le mépris. Si bien employé, cela permet de conserver l'objet bien au chaud, une haine tranquille pourrait-on dire, et même, qui invite à la créativité, cela afin de d'habiller l'objet, tous les matins, d'une haine qu'il nous est loisible de renouveler aux grés de nos convenances. C'est pas mal le mépris, ça n'empêche pas de vivre et permet le contraste avec la beauté du monde. Mais peut-être s'agit-il en fait d'un pardon déguisé, envers soi, d'autant qu'il est des choses objectivement impardonnables, et subjectivement méprisables. Et pardonnez moi d'avoir été un peu long...

 

                                                                                                                                                                                                        GG

 


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Clovis Simard 08/10/2012 13:42


Blog(fermaton.over-blog.com)No.7- THÉORÈME SOCCER. - L'Objet détermine ta pensée ?

michel 13/11/2010 08:14



juste un petit complément...


Pour reprendre vos propos.... il n'y a certes aucun panache dans la haine... ce n'est pas ce que j'ai écris... il y a, à mon sens, un panache dans la lutte... le combat pour l'obttention du
but... et ceci qu'on l'atteigne ou non...


Avoir la totale maîtrise de sa haine, savoir tantôt l'entretenir, l'amplifier, tantôt la dompter, la calmer et la diriger là où on le souhaite... pour l'utiliser comme une arme dans une
lutte qui, elle est glorieuse, plutôt que de renoncer au combat en affichant ou non-affichant un mépris qui est plus souvent un lâche refuge qu'une véritable attitude de sagesse...


Nos opinions, nos avis, nos reflexions ne sont que le fruits de nos vies passées... il n'y a de Vérité qu'individuelle... et, ma vie fut, est et sera une succession de combats... plus souvent
gagnés que perdus sinon je ne serais plus debout... la Haine fut l'une des armes (pas la seule) qui m'a permis parfois de gagner. Chaque situation est différente, la Haine n'est pas toujours la
réponse adéquat mais, parfois elle l'est...


Comprenons nous bien, je ne glorifie pas la Haine en tant que sentiment mais en tant qu'outils au service de l'obtention d'un but...


Bien cordialement



Café-psy 14/11/2010 15:50



 


Bonjour Michel


 


A vrai dire, je serai d'accord avec vous pour un éloge de l'excès, du feu et de la glace, et je crois avoir largement souligné les vertus reconstructives de la
haine, à condition de pouvoir en sortir le moment venu. Mais lorsque on parle de romantisme, excessif par nature, son versant salvateur m'intéresse plus que son coté destructeur, et bien entendu
hors de toute considération morale, ou de sagesse. D'ailleurs, ce dernier mot me fait frémir, sonnant à mes oreilles comme une sorte d'abandon de soi. Pour autant, j'ai renoncé depuis longtemps à
l'idée d'un quelconque intérêt à faire un chef-d'œuvre du ratage de sa vie, comme de se maintenir dans un état de morbidité en prenant l'alibi d'un certain esthétisme romantique. Bien sur que la
haine, le morbide, la déchéance, la douleur, peuvent être beaux et portés avec panache (même si j'ai dis le contraire, un peu péremptoire par excès justement), sauf que je suis plus intéressé par
la vie, la mort nous rattrapera bien assez tôt. D'autre part, vous soulignez l'efficacité de la haine en tant qu'outil (qu'arme) pour parvenir à la victoire, certes, mais ne pourrait-on envisager
l'existence autrement que d'une succession de combats, ou seulement contre soi, sans se haïr pour autant ? Vous prenez l'exemple du chevalier, c'est-à-dire le guerrier, le militaire évoqué
précédemment au coté de la midinette, ou encore le rugbyman, le judoka, dont l'ambition consiste à dominer un adversaire afin d'obtenir une médaille. On appèle ça la compétition. Je ne suis pas
contre une saine émulation pour se dépasser soi-même, mais la compétition est aussi l'héritage de ces temps barbares, enfin disparus, où existait la guerre, lorsque les hommes n'hésitaient pas à
un petit massacre pour affirmer qui avait la plus grosse, moyennant trophée. Donc, maintenant que l'humanité est parvenue à cet age où l'intelligence domine nos plus bas instincts, la compétition
et la haine n'ont plus de raison d'être, sauf de vouloir revenir en ces temps archaïques. Quant au mépris, qui supporte très bien l'excès, il est ce moyen de ne pas pardonner l'impardonnable tout
en s'octroyant le droit à soi-même de renouer avec les excès suggérés par nos pulsions de vie. Sans doute aurez-vous remarqué que les personnes prisent dans une dynamique de haine sont hors la
vie, alors qu'une des premières vertus du mépris est de mettre entre parenthèse l'objet de notre haine, et bien souvent avec humour, peut-être noir, mais c'est quant même autre chose que ce
rouleau compresseur (sur lequel on peut accrocher le panache de la barbarie) qui annihile en toute chose ce que l'on se figure d'une « civilisation civilisée ». Et ne croyez-vous pas
que le juste milieu puisse être aujourd'hui l'excès que l'on oppose au tout venant des extrêmes ?


 


Bien cordialement aussi


GG



michel 13/11/2010 08:01



Bonjour GG,


Je comprend votre point de vue et le respecte. Il se réclame d'une certaine sagesse. Néanmoins, j'ai
toujours milité contre la sagesse (je sais, il est malvenu d'écrire cela ici), la "zenitude", le recul... j'analyse le romantisme non avec l'oeil de la philosophie mais avec celui de la
psychologie... l'armure de chevalier moyenâgeux dont le romantique se réclame parfois est certes auréolée de gloire -c'est de fait en cela qu'elle est belle-  mais, il n'y a chez le
chevalier, de gloire sans combat, sans massacre... la haine est le moteur qui fait gagner les combats... un judoka, un rugbyman le dirait également... mais elle ne fait gagner que
si elle est maîtrisée, canalisée et dirigée vers un objet précis choisi en toute conscience... et si elle s'éteint une fois le but atteint... (cf sportifs)… même chez le dépressif elle est
salvatrice et est souvent une étape nécessaire à la guérison... la haine est le moyen et non le but...et c'est un moyen diablement (!) efficace pour qui sait la gérer avec
froideur…


Alors que le mépris ne sert aucun but...


Bien cordialement


Michel


 



michel 11/11/2010 12:41



rien n'est "subjectivement méprisable".... le mépris est un "demi-sentiment"....


 



Café-psy 13/11/2010 03:36



 


Bonjour Michel


 


Ah bon, le romantique aurait donc des droits et par conséquent des devoirs, comme de tenir bien haut l'étendard de ses passions afin d'étaler au monde entier la
magnificence de son émoi, tel qu'une bonne grosse haine bien démonstrative nous le permettrait ? J'avais pourtant le sentiment que le romantisme ne consistait pas en un étalage vulgaire, mais
qu'il s'agissait plutôt d'une manière d'esthète, de soi à soi, par laquelle on engage son existence, subjectivement. Et justement, la subjectivité étant la grandeur du genre humain, sa bassesse
aussi, il me semble y avoir là le seul matériel indispensable à cet égarement jouissif que l'on nomme romantisme. Certes, le bourrin, le haineux, peut aussi engager sa vie dans ce qui ne sera au
fond qu'une déraison de midinette, de curé ou de militaire, c'est pareil, alors qu'un mépris bien mené nécessite au contraire de la créativité, du goût, du subtil, quitte à perpétuellement le
piétiner au nom même du mépris. Et puis, il n'y a aucun « panache » dans la haine, seulement de la misère.


 


Cordialement


GG


 



michel 11/11/2010 11:50



le mépris ?.... NON c'est trop plat..... ça manque de panache.... un romantique n'a pas le droit de manquer de panache!